Depuis plusieurs mois, l’État sénégalais a durci ses lois criminalisant les personnes LGBTQI+ et celles qui en font la promotion. S’en est suivie une répression terrible menant à des arrestations, des emprisonnements, des fuites du pays mais aussi des suicides et un meurtre. Dissidente publie un article d’un collectif anonyme de personnes sénégalaises (sur)vivant sur place.
Le lundi 30 mars, le Président Sénégalais Bassirou Diomaye Faye a promulgué la loi n° 2026-08, modifiant l’article 319 du Code pénal du 21 juillet 1965. La nouvelle loi punit « tout acte sexuel ou à caractère sexuel entre deux personnes de même sexe ». Dans son élan de durcissement, elle punit également « toute représentation publique, que ce soit par la parole, l’écriture, l’image, le geste, le son ou tout autre moyen quel qu’il soit, visant à promouvoir l’homosexualité, la bisexualité, la transsexualité, la zoophilie, la nécrophilie ou toute autre pratique similaire. » L’association de l’homosexualité à la bestialité, à la nécrophilie ou à toute autre pratique similaire constitue une confusion délibérée et dangereuse voulue ainsi par l’État. C’est un vieil argument des milieux anti-genres et anti-droits que l’État sénégalais emploie. Les mouvements anti-genres aux États-Unis, par exemple, ont utilisé cet argument contre les personnes LGBTQI+ et particulièrement les personnes trans. Depuis la fin des années 1990, ils diffusent des idées pseudoscientifiques anti-LGBTQI+ qui établissent un lien entre l’homosexualité et la pédophilie, la violence et la maladie, et qui présentent les femmes transgenres comme des prédatrices sexuelles.
Adoptée par l’Assemblée nationale le 11 mars 2026 par 135 voix pour, 3 abstentions et aucune voix contre, cette loi ne se contente pas de criminaliser explicitement l’homosexualité, la bisexualité et la transidentité ; elle punit également toute personne ou organisation qui entreprend une action visant à défendre ou à humaniser les personnes queers au Sénégal. La nouvelle loi stipule que « toute personne qui commet un acte contre nature est punie d’une peine d’emprisonnement de 5 à 10 ans et d’une amende de 2 000 000 à 10 000 000 de francs CFA, sans préjudice des peines prévues en cas de viol ou de pédophilie ». D’après les données de surveillance de la situation du HIV Justice Network, depuis début février, les autorités sénégalaises ont arrêté plus de 184 personnes pour des « actes contre nature ». Parmi elles, au moins 35 ont également été inculpées de « transmission volontaire du VIH » sur la seule base de leur séropositivité. Les articles de presse indiquent que les personnes arrêtées ont été soumises à des tests de dépistage du VIH forcés et que des informations personnelles, telles que leur statut sérologique et leurs noms, ont ensuite été divulguées dans les médias. Les arrestations ont lieu à Dakar, à Tambacounda, à Saint-Louis, à Linguère et à Thiès. Certain·e·s se sont suicidées, beaucoup se sont cachées, d’autres ont fui le pays, abandonnant leur travail et leur famille, et donc leurs réseaux de sécurité. La crainte d’une arrestation et/ou d’une justice populaire punitive est omniprésente. Les personnes séropositives — qu’elles soient queers ou non — sont particulièrement en danger, car leurs dossiers médicaux sont considérés comme des preuves de leur culpabilité. Dans le contexte de la répression anti-LGBTQI+ au Sénégal, des patient·e·s séropositifs·séropositives renoncent à leur traitement par crainte d’être arrêtés. Ces personnes déjà fragiles mettent en danger leur vie et leur entourage immédiat. Le personnel de santé sent déjà l’impact de cette loi sur son travail. Ce ne sont pas seulement les populations clés qui ne se présentent plus, la peur est généralisée à toute la population. À Thiès, un homme a été arrêté, car des médicaments antirétroviraux (ARV) ont été retrouvés dans son sac. Aujourd’hui, la situation est extrêmement critique pour les personnes queers et surtout celles vivant avec le VIH. Selon les estimations Spectrum, au Sénégal, en 2024, le nombre de Personnes Vivant avec le VIH (PVVIH) (adultes et enfants) est estimé à 47 710 personnes dont près de 25 242 femmes de 15 ans et plus et 2 203 enfants de moins de 15 ans. Les estimations du Spectrum montrent aussi une configuration d’ampleur modérée et en déclin de cette épidémie de 2005 à 2023 passant de 0,69 % à 0,33 % surtout dans les cinq dernières années. 1Ces données sont totalement absentes du débat public et elles risquent d’augmenter en raison de la répression. Dans les journaux et les réseaux sociaux, les discours sont extrêmement violents et problématiques. Un journaliste, de la chaîne de la télévision privée SenTv, a appelé à la peine de mort pour les homosexuel·le·s. Les journaux sénégalais Libération et L’Observateur, de même que la plateforme en ligne Seneweb, se sont positionnés en première ligne sur cette question et l’on se demande où se situe l’éthique et la déontologie journalistique dans leurs pratiques. La violation de la vie privée par la publication des noms, âges, professions et lieux de résidence des personnes arrêtées se fait tous les jours. Les journalistes sont responsables de l’intensification de la haine des discours. Ils s’adonnent à des pratiques de mise en danger de la vie d’autrui—ici les personnes queers et leurs familles. En lisant leurs reportages, il semblerait que ces journalistes aient accès aux procès-verbaux de la gendarmerie et de la police, car ils divulguent le moindre détail. La divulgation des informations privées de personnes dites homosexuelles a été totalement normalisée par les médias avec la collaboration de la police sénégalaise (DIC) et de la gendarmerie sénégalaise (Sections de recherche). La modification du Code pénal sénégalais, l’utilisation de la loi sur le VIH à des fins répressives et la répression à l’encontre de la communauté queer constituent une violation des droits suivants, protégés par la Constitution sénégalaise et le droit régional et international—notamment la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (Charte africaine), le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) et le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC) : Droit à l’égalité, droit à la vie privée, liberté d’expression, liberté d’association, droit à la santé. Aucune de ses dispositions n’est respectée lorsqu’il s’agit de personnes présumées homosexuelles.
Les acteurs anti-genres
Qui sont les personnes ayant travaillé à l’adoption de cette loi ? Le groupe phare And Samm Jikko Yi—le principal groupe anti-droits au Sénégal, particulièrement leur membre ONG Jamra. Actif depuis plusieurs années maintenant, coalition aux sources de financement douteux, And Samm Jikko Yi et particulièrement Jamra s’est positionné en police des mœurs au Sénégal. Il y a quelques années, ils ont fait campagne pour que soit arrêtées des musiciennes pour atteinte aux bonnes mœurs, et ils n’ont cessé d’organiser des marches contre l’homosexualité au cours des dernières années et mois. Accueillis dans les médias à bras ouverts, les acteurs de ce groupe bénéficient de plateformes et d’espace pour déverser leur haine contre les personnes homosexuelles au Sénégal. Ils sont à l’origine de la popularisation de l’homophobie généralisée. Il n’est pas rare de voir sur les réseaux sociaux, des Sénégalais·e·s appeler Jamra à intervenir dans des affaires privées. And Samm Jikko Yi particulièrement Jamra mobilisent une interprétation de l’Islam qui va au-delà de la condamnation de l’homosexualité pour appeler à la violence pure. Ils vont jusqu’à collaborer avec des groupes islamophobes, racistes et antisémites basées aux États-Unis. « Le groupe américain MassResistance, connu pour ses efforts aux États-Unis en faveur de lois visant les personnes LGBTQ+, conseille depuis des années des militants africains partageant les mêmes idées », écrit Reuters, révélant une collaboration entre MassResistance et And Samm Jikko Yi— depuis décembre 2024. MassResistance est un groupe de Chrétiens conservateurs républicains et pro-Trump. Leurs actions s’inscrivent dans une plus grande attaque contre les personnes LGBTQI+ particulièrement les personnes trans, dans le monde. Les membres de And Samm Jikko Yi dans leur démarche invoquent l’Islam pour punir les personnes homosexuelles, pendant que MassResistance s’appuie sur la Bible. Quand il s’agit d’attaquer les minorités sexuelles, certains groupes religieux n’hésitent pas à mettre de côté leur islamophobie dans une perspective d’attaques contre les personnes queers.
Colonialité de l’État
Le Sénégal érige en infraction pénale les « actes indécents ou contre-nature commis avec une personne du même sexe » depuis 1965, les rendant passibles d’une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement en vertu de l’article 319 du Code pénal du pays. Depuis au moins 15 ans, des organisations de défense des droits humains signalent que la police s’appuie sur cette loi pour harceler, extorquer et arrêter des membres de la communauté queer. Avant 2026, les cas de personnes poursuivies et condamnées en vertu de ces lois étaient sporadiques, mais ils existaient bel et bien. Aujourd’hui, au moins deux personnes ont été condamnées sous cette nouvelle loi. Alors que la nouvelle disposition du code pénal faisait l’objet de débats en tant que promesse électorale, la violence s’était déjà déchaînée contre divers « suspects ». Un adolescent de 17 ans, joueur de tam-tam, a été poignardé à mort par une foule parce qu’il était soupçonné d’être homosexuel. Dans l’histoire récente du Sénégal, en 2023, une tombe a été profanée sur la base de soupçons d’homosexualité. Maintenant, que la loi a été adoptée, la violence à l’encontre de la communauté LGBTQI+ n’a plus de limites. L’on se demande toutefois, d’où vient cette loi et que dit-elle sur le Sénégal ?
Adopté cinq ans après l’obtention de l’indépendance du Sénégal, le Code pénal Sénégalais, comme la plupart des bases fondamentales régissant la vie des personnes au Sénégal n’a pas bénéficié de véritable décolonisation. En effet, après l’indépendance, le Sénégal a continué à conserver la plupart des lois érigées par la France. Les sociétés africaines ont été défigurées par la colonisation. En Afrique de l’Ouest, la France était la principale force coloniale qui a opprimé les populations africaines et a brisé ses références politico-sociales et économiques. C’est par exemple, les colons français, qui à la fin des années 1800 ont interdit le cauris comme monnaie d’échange pour le remplacer par le franc Français. Jusqu’à aujourd’hui, les effets dévastateurs de ce qui devint le franc CFA se font sentir par les Africain·e·s. Les systèmes politiques dans lesquels étaient intégrés l’Afrique de l’Ouest ont été mis à l’écart. Qu’ont fait les élites africaines après les indépendances ? Maintenir le joug colonial, assurer que la tutelle de la France continue en maintenant les dispositions pénales coloniales, dont le Code pénal. Le code pénal, comme la plupart de nos textes juridiques est un texte hérité de la France coloniale. Dans ces conditions, les indigènes d’hier sont les citoyen·ne·s d’aujourd’hui, seulement sans droits humains. L’oppresseur a changé de visage, maintenant, c’est l’État sénégalais. Nous avons ouvert les yeux sur la nature de cet État. Il continue à être colonial, grâce à l’élite sénégalaise. La décolonisation qui est un projet sérieux de refonte totale —comme l’a pensé par exemple Frantz Fanon— n’est pas un projet qui a été entrepris par le Sénégal. La décolonisation implique de traiter les citoyen·ne·s, comme des citoyen·ne·s. Il est inacceptable qu’un État qui se dit en marche vers sa souveraineté prenne une pause pour persécuter ses citoyen·ne·s qui ont des orientations sexuelles différentes. Nous ne pouvons pas prendre au sérieux les élans aux airs souverainistes du Sénégal. Tant que les lois coloniales seront appliquées sur des personnes libres, nous refuserons d’engager notre pays comme indépendant. La colonialité de l’État est grotesque et retarde l’Afrique dans sa marche vers sa libération complète.
Depuis les indépendances, les femmes se battent pour la reconnaissance de leurs droits fondamentaux. Jusqu’à aujourd’hui, les femmes sénégalaises se battent pour une approche de prise en charge holistique des violences basées sur le genre. Aucune politique sérieuse n’est mise en place par l’État pour endiguer les violences sur les filles et les femmes. Tous les jours sont reportés dans les médias des cas de violences sexuelles contre les filles et les femmes. Aucune mesure n’est prise en charge par l’État. Dès leur accès au pouvoir, le gouvernement alors d’Ousmane Sonko s’est empressé de remplacer le nom du ministère de la femme en ministère de la famille et des solidarités. À travers ce geste, le gouvernement défend que les femmes ne puissent exister au Sénégal en dehors du cadre de la famille. Elles ne peuvent simplement pas être. Les propos sexistes et misogynes de ce même acteur comme les remarques envers la personne qui l’avait accusé de viol, n’ont pas fini de nous choquer. La haine des femmes semble institutionnalisée par l’État. C’est une guerre déclarée contre les femmes, au Sénégal. Dans un pays où la violence contre les filles et les femmes n’est pas adressée par l’État du Sénégal, on pourrait se demander pourquoi l’État s’intéresse à la vie sexuelle de deux personnes du même sexe, surtout lorsqu’elle est consentie, alors qu’il ne se sent pas concerné d’intervenir dans les relations sexuelles entre des hommes et des enfants, notamment des filles, qui sont imposées par la force et revêtent un caractère violent et non consenti. Comment se fait-il que l’État accepte et normalise la violence à l’égard des femmes et des filles, tout en encourageant la violence à l’encontre des homosexuel·le·s ? Pourquoi la violence est-elle devenue la norme dans ce pays ? Quel message envoie-t-on aux femmes et aux filles du Sénégal ?
Une lecture rigoureuse s’impose
Nous proposons de voir la situation d’une perspective queer, anti-coloniale et anti-impérialiste. Comme Hakima Abbas et Sokine Ekine dans Queer African Reader, « nous utilisons ici (…) le terme « queer » pour désigner un cadre politique plutôt qu’une identité de genre ou un comportement sexuel. Nous utilisons le terme « queer » pour mettre en avant une perspective qui embrasse la pluralité des genres et des sexualités et qui cherche à transformer, à réformer et à révolutionner l’ordre africain plutôt que de chercher à s’assimiler à des cadres hétéro-patriarcaux-capitalistes oppressifs. ». Nous sommes des Africaines queers et politisées. Nous ne souscrivons nullement aux politiques queers occidentales. Nos références sont Frantz Fanon, Assata Shakur, George Jackson, Ghassan Kanafani, Malcolm X, Thomas Sankara, André Blouin, Leila Khaled, Norman Jean Croy et tous les révolutionnaires, queers ou non de la majorité globale. Pour nous, l’impérialisme est la plus grande contradiction à confronter dans notre temps. Les forces impérialistes travaillent avec toutes les forces contre-progressives pour endiguer la vraie libération. Ils sont à l’œuvre au Liban, en Somalie, au Soudan, au Congo et à Gaza, en Palestine, à Cuba, et partout ailleurs. Pour nous, il nous faut une lucidité totale quant à qui sont les ennemis et comment se défendre. Les forces impérialistes et sionistes qui tuent les Libanais·e·s et les Palestinien·ne·s sont proches des cercles anti-genres au États-Unis qui eux se retournent vers l’Afrique pour propager des lois homophobes. La gendarmerie sénégalaise ne se cache pas d’avoir accès aux moyens technologiques les plus avancés pour surveiller, traquer et emprisonner les personnes queers au Sénégal. Sachant la proximité entre l’entité sioniste et l’État du Sénégal, déjà dès le lendemain de son indépendance, il ne serait pas exagéré de penser que ce sont des technologies israéliennes qui sont utilisées. Israël est une machine de la mort qui cible systématiquement les Palestinien·ne·s et les Libanais·e·s. Leur technologie est exportée partout dans le monde, et le Sénégal n’est pas en reste.
Adresser le silence des intellectuel·le·s Sénégalais·e·s
Les travaux de Sylvia Tamale2 montrent que les sociétés africaines précoloniales étaient régies par des systèmes de genre et de sexualité multiples et complexes que le colonialisme s’est employé à démanteler. L’affirmation selon laquelle « l’homosexualité n’est pas africaine » relève d’un héritage colonial et impérialiste—et non d’une tradition. Les intellectuel·le·s sénégalais·e· n’ont aucune excuse pour ne pas se prononcer sur cette loi. Les travaux empiriques de Oyèrónkẹ́ Oyěwùmí3 montrent que le genre est une construction coloniale dans la société Yoruba. La colonisation a imposé les catégories de genre, les codifiant et les enfermant ainsi. La thèse d’État du socio-anthropologue Sénégalais feu Dr Cheikh Ibrahima Niang4 démontre l’existence des personnes homosexuelles dans la société sénégalaise. Ses travaux été rigoureux. D’autres travaux importants ont suivi notamment ceux de Dr Ndèye Ndiagna GNING et ceux de Dr Aminata Cécile Mbaye. Comment comprendre le silence d’une communauté qui a accès à la connaissance, mais ne se prononce pas ? Comment comprendre que Felwine Sarr, lors de son passage à France Inter, dans le cadre de la promotion de son nouveau livre, espérait ne pas être interrogé par des journalistes sur cette nouvelle loi ? À quoi a-t-on besoin de réfléchir lorsque des personnes sont tuées, emprisonnées parce que suspectes d’être homosexuelles ? Cette grande marche vers la décolonisation discutée dans les cercles académiques devrait aussi être concrète. Il semblerait toutefois que les intellectuel·le·s ne le comprennent pas ainsi. Tant que nous produirons de la connaissance pour ne pas l’appliquer, l’Afrique continuera à se battre pour qu’on ne la prenne au sérieux. Le fascisme au Sénégal est bien réel. Qui en parlera ? Ce ne sera certainement pas les intellectuel·le·s endormi·e·s ou au service d’une narrative renforçant la colonialité de l’État.
Agir en solidarité
Si nous croyons en la valeur intrinsèque et incontestable de chaque être humain, ainsi qu’en son droit à la libération, cela doit s’appliquer à tou·te·s, qu’ils·elles soient queers au Sénégal, avec des besoins spéciaux, ou de quelconque autre nationalité. La déshumanisation est une stratégie de guerre que nous défions à tout prix. Ce qui est nécessaire pour faire face aux nombreuses formes de déshumanisation que nous rencontrons dans ce monde, c’est la solidarité. Nous en sommes tou·te·s capables, nous pouvons nous mettre aux services des personnes déshumanisées et supporter leurs besoins, sans nous mettre au centre.
Les urgences s’étendent à des besoins en matière de prise en charge psychologique. Il serait important de considérer que soutenir psychologiquement une personne queer du Sénégal ne peut être résolu en trouvant n’importe quel·le psychologue. Il faudrait encourager une psychologie qui n’a pas à choisir entre l’individu et le collectif, une psychanalyse ancrée dans les débats et les pratiques anticapitalistes, anticolonialistes et anti-impérialistes, car ces systèmes nous affectent et se déploient contre tou·te·s.
Celles·ceux qui ont besoin de soutient sont nombreuses·nombreux et sont dans des situations différentes : ceux et celles qui n’ont eu d’autres choix que de fuir vers les pays voisins, avec un avenir incertain ; celles et ceux qui se cachent, incapables de subvenir à leurs besoins ou de s’assurer un repas quotidien ; celles et ceux qui sont emprisonnés et ont besoin d’une aide de base (nourriture, vêtements et argent de poche) pour pouvoir faire face aux difficultés quotidiennes en prison ; celles et ceux qui ont été agressé·e·s et ont besoin de soins médicaux. Pour cela, il y a la possibilité de soutenir financièrement les personnes queers au Sénégal. La cagnotte lancée est ici.
Recommandation de lecture : « Affirmation » d’Assata Shakur, à lire dans Assata : une autobiographie (Cases rebelles, Premiers matins de novembre, 2025).
1 D’après le rapport 2024 du Centre National de Lutte contre le Sida (CNLS)
2 African Sexualities: A Reader, Sylvia Tamale (ed.), Pambazuka Press, 2011
3 The Invention of Women: Making an African Sense of Western Gender Discourses, Oyèrónkẹ́ Oyěwùmí, University of Minnesota Press,1997.
4 « Anthropologie de la sexualité : philosophie, culture et construction sociale du sexe au Sénégal », Cheikh Ibrahima Niang, 2013


